Pétition à Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur
Monsieur Nuñez, démissionnez !

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Le texte
Répression violente du mouvement lycéen
Monsieur le ministre,
Nous, étudiants et étudiantes, lycéens et lycéennes, professeurs et personnels éducatifs, parents, citoyens et citoyennes, vous appelons à démissionner de votre poste de ministre de l'Intérieur.
Votre rôle est de maintenir l'ordre et de protéger la population. Il n'est pas d'étrangler, d'éborgner, d'humilier et de maltraiter les lycéens, les lycéennes, les étudiants et les étudiantes de notre pays.
Depuis plus d'une semaine, des lycéennes et des lycéens bloquent leurs établissements dans toute la France. Ils dénoncent des classes de 34 ou 35 élèves, des professeurs absents et jamais remplacés, le manque d'AESH, d'infirmières et de surveillants, des bâtiments qui tombent en ruine. Ils demandent des tables, des chaises et des enseignants. Leurs revendications sont légitimes.
Vous avez choisi de leur répondre par la force. Le 28 septembre, vous avez comparé leurs blocages à des « violences urbaines ». Le même jour, vous affirmiez : « Chaque fois qu'il y a eu des interventions, elles étaient justifiées. »
Voici ce que vous avez justifié.
- Saint-Ouen-l'Aumône (Val-d'Oise), 28 septembre. Devant le lycée professionnel du Château d'Épluches, un policier tire à bout portant au visage d'un élève de 14 ans avec un lanceur. L'adolescent a les dents brisées et, selon son avocate, une double fracture de la mâchoire. Interrogé sur ce tir, vous avez répondu : « Je ne crois pas du tout que l'action des policiers soit disproportionnée. »
- Alençon (Orne), 29 septembre. Une vidéo montre une lycéenne saisie au cou et coincée sous le bras d'un gendarme devant le lycée Marguerite-de-Navarre.
- Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), 29 septembre. Les personnels du lycée Auguste-Renoir dénoncent l'étranglement d'une de leurs élèves par un policier. C'est elle qui a fini en garde à vue, puis a été appelée en comparution immédiate.
- Seine-Saint-Denis et Val-d'Oise. Six avocats ont porté plainte pour des violences « d'une particulière gravité » :
- un garçon de 15 ans, le visage écrasé au sol, est arrivé en sang au commissariat. Il y a été giflé à plusieurs reprises et n'a été examiné par un médecin que six heures après le début de sa garde à vue ;
- un lycéen de 16 ans a reçu un coup de poing au foie ;
- un autre a été frappé dans sa cellule.
- Saint-Denis, 29 septembre. Devant le lycée Paul-Éluard, l'AFP rapporte des coups de bouclier portés sur des lycéens et sur une de ses journalistes.
- Tours, 30 septembre. Devant le lycée Balzac, un lycéen est grièvement blessé près de l'œil. Des témoins parlent d'un tir de LBD. La procureure a saisi l'IGPN.
- Nice et Grasse. 67 mineurs ont été placés en garde à vue en 48 heures. Le plus jeune a 13 ans.
- Dans tout le pays. Pour la seule journée du 29 septembre, 440 personnes ont été interpellées, principalement des mineurs. Les deux tiers ont fini en garde à vue.
Ces faits se répètent d'une ville à l'autre, en quelques jours. Ils appliquent la ligne que vous avez donnée devant la presse : couvrir chaque intervention avant même d'en connaître les circonstances.
Les syndicats d'enseignants dénoncent des « interventions violentes, sans discernement ». Des avocats décrivent une « mécanique construite pour terroriser cette jeunesse des quartiers populaires ». La CGT le rappelle : « Un État dont l'école apprend la démocratie à la jeunesse ne peut pas lui envoyer la police. »
Pour la sécurité de nos enfants, de nos élèves et de nos camarades, nous vous demandons de quitter vos fonctions.
Monsieur le ministre, démissionnez.
Faire signer aussi
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